Au royaume d'une Aspergirl (ronger ongles)

Enfance. Les ongles.

Valérie-Jessica L'enfance Laissez un commentaire

Enfant, je mangeais mes ongles. J’ai dit ″mangeais″ ? Pardon, je me rétracte, je dévorais, attaquais, détruisais et déchiquetais absolument mes doigts. Lorsqu’il n’en restait plus rien, j’épluchais pelure par pelure les minces épaisseurs que je pouvais faire décoller à force d’acharnement. En grattant longtemps le dessus avec les dents, on peut accéder à une infinité de nouvelles couches cachées. Rien ni échappait, la peau tout autour finissait par sécher et ça me donnait donc le mordant supplémentaire pour bien arracher tout ce qui pouvait l’être.

Assez régulièrement l’infection se mettait de la partie et j’avais droit à un pansement au Dakin et à du trempage dans un bol d’eau de Javel diluée. Je me suis acharnée avec tellement de vigueur sur mon pouce que l’ongle est tombé complètement. Il ne restait qu’une minuscule surface dure au centre du doigt qui lui était devenu tout mou et assez répugnant, comme un début de quelque chose qui mit quand même beaucoup de temps à revenir à la vie. Très souple, j’atteignais aussi mes ongles d’orteils. Les doigts toujours en sang et même avec l’ajout de produits avec un goût horrible, rien n’y faisait.

Aujourd’hui, je ne peux pas vraiment les laisser pousser parce qu’ils ondulent d’une bizarre de manière dès qu’ils grandissent le moindrement, je les ai bien trop martyrisés. Lorsque je vois une personne se ronger un petit peu les bouts de doigts ça me fait paniquer. Comme si je ressentais à nouveau cette grande angoisse qui me poussait à agir de la sorte.

Partagez cet article

Aimez la page Facebook pour être informé des nouvelles publications.