Clarté et précision autistique

Un détail et une précision autistique – Pas LOL

Valérie-Jessica Les particularités 24 commentaires

LOL

J’aimerais ça l’utiliser ce mot, il est tout petit et c’est un mignon palindrome. Phonétiquement, on dirait une bulle de savon qui n’éclate pas et pourtant je ne peux pas.

J’ai essayé, je l’ai écrit du bout des doigts en hésitant avec ce malaise constant et l’impression d’un peu mentir. Tout ça parce que la signification de LOL c’est :

 « Laughing Out Loud » donc Riant à voix haute

Et ce n’est pas lors de rires à voix haute qu’il est adéquat de l’utiliser. Ce n’est pas autour d’un feu en réponse à une bonne blague qu’on peut s’exclamer LOL !!! Du coup, je suis coincée.

Et pourtant… le mot est simple, facile et il a le mérite d’être clair. La personne qui l’utilise nous signifie sans détour que nous venons de pénétrer dans la zone humour. C’est rassurant pour une autiste Asperger ça. Pas d’expression à évaluer approximativement, pas de non-dits pas compris, pas de sous-entendus angoissants. Non, non, un tout petit LOL et le tour est joué.

Et pourtant, malgré cet argumentaire qui fait complètement pencher la balance en faveur du LOL, il demeure coincé et me cause un réel malaise si je l’utilise personnellement.

Ma solution

C’est pour ça que je m’exprime en écrivant : Rire. C’est un rire écrit, un rire sérieux, un rire de clavier, un mot qui représente mieux l’état dans lequel je suis lorsqu’un commentaire me cause un léger accès à la section blagueuse du cerveau.

Si je désire signifier à la personne que c’est vraiment très très bon le jeu de mots qu’elle propose ou encore que sa répartie est plus que réussie, je ne peux pas non plus utiliser le LOL avec plein de  »O » au centre, LOOOOOOL ! Non, non, il me fallait une solution. J’ai donc calqué l’expression d’une certaine mademoiselle J qui se reconnaitra peut-être. Elle m’a inspiré le Pouhahahaha ! À utiliser avec parcimonie.

Pouhahahaha !

Je juge que l’utilisation du son pouah à répétition est assez caricatural pour ne pas porter à confusion, c’est une expression forcée qui n’a pas de traduction préexistante qui implique de suggérer que je ris réellement aux éclats. C’est juste bien.

Je me sens pointilleuse, trop logique et un peu maniaque sur les détails, mais bon, c’est comme ça. Vous pensez que je me tracasse la tête pour rien ? Que je m’attarde à des détails sans importance ? Vous n’avez rien vu. C’est trop rarement simple. La vie en société et les interactions n’ont rien de naturel.

Des tas de données à traiter… sans fin

Tout est pesé, pensé, réfléchi, évalué et mesuré. Se laisser doucement voguer dans une conversation, qu’elle soit écrite ou verbale, sollicite des emplacements de notre cerveau qu’un humain normal n’a pas l’habitude d’explorer. C’est presque toujours une chasse au trésor ou une course à obstacles, et la récompense, c’est d’interagir d’une bonne manière, une qui nous plaira tout en nous donnant accès aux autres.

Il faut traiter tout ceci, évaluer ce qu’il convient de dire et une fois découvert, ce qui correspond tout de même à qui on est. Le but n’est pas de calquer les neurotypiques, mais bien de créer un pont commun qui nous permettra de communiquer tout en nous respectant comme humain, comme autiste, comme personne.

Lorsque je trouve le mot de remplacement, celui qui m’évitera d’utiliser celui qui me turlupine, ça m’apaise, je me sens plus vraie, moins en mode copie pâle.

Utilisez le LOL tant qu’il vous plaira, c’est un bon indice pour moi et je sais comment classifier nos échanges.

Sur ce, Rire.

P.S. Chacun ses détails, les autres autistes ne semblent pas particulièrement affectés pas le LOL. Mais je serais curieuse de connaitre les choses qui semblent insignifiantes, mais qui les font flipper. Rire.


C’est quoi vos détails qui semblent insignifiants aux yeux des autres et qui vous rendent mal ? Les commentaires sont ouverts… juste dessous.

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  • John Saulnier

    J’écris aussi « rire » mais entre parenthèses. C’est amusant, nous avons ce point en commun

    • Au royaume d’une Aspergirl

      Oh oui ! C’est joli entre parenthèses aussi, ça fait le travail.

  • Bonnet E’milie

    Le lol me bloque aussi. Mais par dessus tout, c’est l’expression « c’est une tuerie » pour parler d’une chippo tout juste sortie du barbecue ou d’un tian d’aubergines qui me pose un vrai problème. Pour dire vrai, ça me donne même la nausée. Parce qu’une tuerie en vrai, c’est pas délicieux, ça ne fait pas frétiller les papilles…

    • Au royaume d’une Aspergirl

      Je déteste aussi ces expressions, celles qui amènent une image horrible avec elles. La pensée en images fait que toutes les expressions, même comprises, même apprises, sont vues en images avant  »traduction ».

      • Papillon

        C’est vraiment ridicule….mais j’ai moi aussi toujours eu de la difficulté avec le LOL. J’ai finit par réussir à prendre l’habitude de l’utiliser mais le résultat a été désatreux parce que ça m’est arrivé quelques fois de sortir ça au milieu d’une discussion verbale, crampée de rire en disant  »LOL » Pouhahahahahaha!! Mouhahahaahah!! Hahahahaha!! C’est ce que je me sers beaucoup plus maintenant

        • Au royaume d’une Asperger

          Oh non ! Sérieux, tu as fait ça ? C’est très drôle.

  • San Drine

    Mmmh… Personnellement, son existence et son usage ne me dérange pas, mais il faut dire que je ne l’utilise qu’assez rarement,car je préfère (et de loin) utiliser »les Stickers »qu’on trouve sur les réseaux sociaux pour pouvoir exprimer mes Emotions, comme çà, ç’est plus ludique et plus compréhensible pour tout le monde… ^^

    • Au royaume d’une Aspergirl

      Une fois ceux de base utilisés, beaucoup des émoticônes sont difficile à interpréter je trouve. Mais le sourire est très pratique !

  • Mel Galas

    Les Stickers faut il encore les comprendre bouahahahaha.

    • Au royaume d’une Aspergirl

      Ceux de base ça va bien. Sourire, petite larme, et le vert (dégoût)… ensuite ça se complique !

  • Doris Lalande

    Je n’utilise pas non plus le LOL, parce que l’interprétation que j’en fais n’est pas la même que sa signification réelle. Quand je lis LOL à la fin d’un énoncé, j’entends plutôt un ptit rire étouffé, juste un son, celui qui sort par le nez sans qu’on ouvre la bouche, celui qu’on utilise parfois en guise de désaccord ou en mini-sarcasme.
    Étant donné qu’il devrait être très sonore et distinct par sa vrai définition « laughing out loud », ça devient une contradiction, donc, impossible de l’utiliser hônnêtement…🤔

    • Au royaume d’une Aspergirl

      En une seule phrase vous résumez exactement ce que je tente d’expliquer, c’est exactement ça :  »Étant donné qu’il devrait être très sonore et distinct par sa vrai définition « laughing out loud », ça devient une contradiction, donc, impossible de l’utiliser honnêtement. »

  • Ambrose Treavel

    Je n’aime pas beaucoup lol non plus .. Ça me fait bizarre
    J’aime beaucoup les smileys par contre, je trouve qu’ils transmettent bien l’émotion en image en plus ^^ En plus tu parait gentils, genre, il faut pas mettre de points sinon ça fait froid/strict, mais un smileys ca va
    Par contre des fois des smileys ont des doubles sens, par exemple lui : « :’))) » je crois que c’est ironique, des fois le « ^^ » est ironique aussi, pas à chaque fois x_x Je me souviens que la première fois que j’ai utiisé un smileys j’étais terrorisé car j’avais peur de ne pas l’avoir utilisé de la bonne façon x)

    • Au royaume d’une Asperger

      Oui, c’est clair ! À part le bonhomme sourire, les autres sont souvent d’une définition incertaine… Mais je ne connais pas le ))), aune idée de ce que ça peut signifier. Celui là aussi, je ne le comprends pas ^^.

  • Au royaume d’une Asperger

    J’ai presque l’impression de m’entendre parler dans certaines phrases de cette réponse. Hi hi… Depuis que j’ai accepté que je suis rigide, c’est plus simple. Je peux en rire au lieu de culpabiliser. Alors rions.

  • Caroline Fatta

    Comme c’est drôle! Je réalise que je ne suis pas la seule bizarre à ne pas être capable d’écrire LOL! J’ai cette même impression de mentir et aussi de faire comme les autres pour être dans le coup! Moi j’écris HAHAHAHA (ou HIHIHIHI si c’est un rire coquin)! J’aime bien le MOUAHAHA qui me fait beaucoup rire mais je ne pense pas à l’utiliser parce que je n’ai jamais ris comme ça!
    Un autre détail qui me dérange : je suis incapable d’écrire en abréviations. Je m’oblige à écrire les mots entiers et je me sens très mal si je m’aperçois que j’ai fait une faute. J’ai d’ailleurs beaucoup de misère à comprendre ce que je lis s’il y a des fautes. On dirait que ça détourne mon attention du message et quand il y en a beaucoup, je dois lire tout haut en espérant comprendre!
    Je n’ai pas eu le diagnostic de TSA, mais ma fille de 11 ans est diagnostiquée depuis l’âge de 5 ans et je suis de plus en plus convaincue avoir aussi cette particularité. D’une certaine façon, ça me réconforte de pouvoir m’expliquer enfin pourquoi j’ai toujours trouvé la vie si dure. Mais en même temps, ça me fait mal de réaliser que malgré tout les efforts que j’ai mis toute ma vie à essayer d’être comme tout le monde, c’est peine perdue. Ma psy me dit que les diagnostics, ça met les gens dans des petites boîtes. Elle me demande pourquoi je veux tant mettre une étiquette au dessus de ma tête… Avec elle, j’apprends à faire de la place à ce que je vis, sans tenter de tout vouloir expliquer. Mais c’est plus fort que moi! Il me semble que je voudrais pouvoir dire à tout le monde : « Vous voyez? Ce n’est pas de la mauvaise volonté de ma part, c’est juste que mes morceaux sont installés différemment et que je fonctionne autrement! Mais je n’ai que de bonnes intentions, je mérite aussi l’estime des gens »… Le problème, et là je donne raison à ma psy, c’est que je n’ai même pas d’estime pour moi-même. Alors à quoi bon recevoir celle des autres car en vérité, elle ne m’atteint pas ou du moins, pour une très courte durée. Et comme une enfant, je recommence à en quêter.
    Bon… Je suis rendue loin là! Tout ça parce que je parlais de ma rigidité concernant les choses que je ne suis pas capable d’écrire! Hahaha! Je pense que j’avais besoin de partager mon vécu avec des personnes qui peuvent comprendre. Je me sens très seule parce que les non-autistes ne peuvent pas comprendre et comme j’ai l’air « normal », j’ai l’impression qu’ils ne me prennent pas au sérieux ou bien ça les met mal à l’aise…
    En tout cas, merci, ça me fait du bien de lire vos commentaires! Je me sens moins seule. (clin d’oeil)

    • Au royaume d’une Asperger

      Ça me fait le même effet et c’est tellement étrange. Étrange de discuter avec des gens qui comprennent mon cerveau atypique. Rire…

      Pour le Mouhahaha, je l’ai emprunté à une gentille personne mais parfois, mes fils l’utilisent verbalement pour jouer les taquins. Ça me fait rire.

      • Caroline Fatta

        Comment as-tu eu ton diagnostic et à quel âge? Est-ce que tu as été obligée de te faire évaluer au privé? Je vais te raconter une histoire d’horreur:
        Au printemps dernier, j’ai rencontré un psychiatre à l’Hôtel-Dieu-de-Lévis. Je lui ai expliqué que ma fille était TSA et que j’avais l’impression qu’elle était ma copie conforme! J’étais très mal à l’aise parce qu’il me regardait par dessus ses petites lunettes avec un sourcil en accent circonflexe et il m’a demandé « Qu’est-ce que je peux faire pour vous Mme Fatta »? Il avait un air méprisant. Je lui ai parlé de mon malaise et il m’a répondu que si je n’étais pas contente, je n’avais qu’à aller voir quelqu’un d’autre! Je lui ai dit: « Ben voyons donc! Qu’est-ce que vous me dites là? ». Jamais je n’aurais cru qu’un psychiatre puisse parler comme ça à un patient! Mais ce n’est pas fini… Il m’a répondu « je suis un être humain madame ». Je lui ai dit que je lui avais simplement parlé de mon malaise et que c’était MOI la patiente! Alors il m’a ensuite dit : « Je répète ma question, qu’est-ce que je peux faire pour vous? C’est un diagnostic que vous voulez? Vous voulez que j’écrive que vous n’êtes pas capable de travailler? » J’en suis restée bouche bée… Je n’en croyais pas mes oreilles… Je venais de me livrer à lui avec confiance, pour lui dire que je travaillais très fort depuis mon enfance pour fonctionner dans la société et que j’avais besoin de comprendre pour trouver de l’aide afin d’être plus fonctionnelle. Je suis loin d’être paresseuse! Je suis sortie du bureau en lui disant qu’il ne pouvait effectivement rien pour moi et j’ai conduit ma voiture en sanglotant jusqu’à la maison. Je pense que je n’ai jamais pleuré autant de ma vie…
        Il a envoyé son rapport à mon médecin de famille. En gros, il dit que j’ai des traits obsessionnels-compulsifs et une « sensibilité dans les rapports avec les autres à la limite des éléments paranoïdes »!!
        J’ai pensé faire une plainte… Mais qu’est-ce que ça donnerait?…
        En tout cas, je vais devoir payer très cher pour aller au privé. J’imagine que c’est ce que tous les adultes TSA ont dû faire… J’aimerais bien savoir s’il y a d’autres adultes qui ont été évalués au public ou qui ont vécu une expérience semblable à la mienne.

        • Au royaume d’une Asperger

          Ouf. Vous n’êtes pas la seule à me rapporter de tels propos et c’est effectivement épouvantable. C’est méprisant et humiliant. Au Québec, nous pouvons maintenant recevoir un diagnostic de la part de psychologues habiletés avec les TSA. J’imagine que c’est moins cher que les tests que j’ai passé, je ne sais pas… J’ai eu mon diagnostic en 2015. J’ai vu une neuropsychologue et un psychiatre.

          Je vous colle un document de Marie-Josée Cordeau. https://drive.google.com/file/d/0BwHsO2JPidaycFlheHp4NnZqems/view?pref=2&pli=1

          • Caroline Fatta

            Merci beaucoup!

          • Au royaume d’une Asperger

            C’est un plaisir. Bonne chance.

  • Au royaume d’une Asperger

    Je l’ai emprunté à une gentille dame cette expression. Je la trouvais bien.

  • Nell Blu

    Pour aller à contrario, je l’utilise pas mal « lol » (avec ahah et des smileys japonais discrets comme ‘ ^^’) et n’ai pas de
    problèmes avec, je l’ai intégré à ma communication écrite-virtuel tant je me suis décorporé pour fusionner avec l’internet à une époque, et ça transcrit assez bien mes tics/rictus nerveux, dont beaucoup consistent à ricaner bruyamment de sorte ahurie et inélégante pour à peu près tous les contextes qui s’y prêtent le moins, je l’utilise même pas pour signaler de l’humour, mais pour signifier que je ricane tout seul(je conçois que c’est d’un faible apport informatif pour autrui).

    Au delà de son aspect »truc » /acronyme destructurant la syntaxe, je préfère employer un mot-code, plutôt que des smileys, si certains simples me conviennent souvent leur expressivité me perturbe, impression que certains sont prêt à me dégouliner dessus , visuellement ils me choquent par leur gamme de mobilité « faciale » , des fois je me cache les yeux lorsque je les vois ahaha,( les pires ce sont ceux gros et très animés, par exemple ceux ci m’horrifiaient à la seule vue à une période => http://smileykiri.eklablog.com/smiley-grimace-a59028891 je les verrais bien dans un film d’horreur, celui qui tire la langue me coursant pour m’étouffer de bave, ou bien celui qui tape des « mains » avec ses « yeux « qui sortent carrément des orbites me semble disposé à m’étrangler plutot qu’autre chose..- ceux ci sont heureusement passés de mode, mais d’autres parfois aussi moches les ont remplacés, il faudrait imposer une gamme de base de smiley simples et , facialement, non « épileptique »partout aha)..J’ai aussi un blocage avec les images animées que les gens postent sur internet, souvent des personnages de séries avec des gros plans sur des visages d’acteurs faisant une expression indéchiffrable…

    Ce qui me perturbe le plus au quotidien en lien avec je crois le sens du détail, c’est la répétition d’expressions ou comportement automatiques, dont les politesses(dire bonjour plusieurs fois dans un jour pour prendre un exemple ), les propos imagés mais déconnectés du sens d’origine dits machinalement( ce qu’est lol pour
    certains), j’en ai une sensation d’usure comme si on me demandait de répéter en boucle un mot un millier de fois, sans but; la sensation d’inconfort et fatigue est très présente jusque sonorement à mon esprit, ce qui peut me faire préférer le silence quitte à être impoli.J’ai aussi des difficultés à exprimer mes pensées si j’ai entendu d’autres
    personnes les dire, bien que ce ne soit pas moi qui les ait énoncées , une fois mentionnées publiquement , j’ai la sensation de « répéter « si je dois les dire, même si c’est dans un contexte différent.


    (Je trouve ça par contre restrictif de catégoriser tout un échange sur l’utilisation d’un code , si j’en crois les réactions à l’article, beaucoup d’aspies se reconnaissent dans ce point de vue, je ne sais pas si c’est valable pour eux aussi, mais; ça rendrait pour moi la communication avec aspies aussi compliqué qu’avec non aspies si notre échange est catalogué sur une emploi de mot, comme cela peut l’être pour une diction atypique autrepart ..)

    • Au royaume d’une Asperger

      J’aime tant ta manière de décrire ! J’ai relu deux fois, j’ai adoré ton commentaire, la manière dont tu nommes les ressentis. Tu te caches les yeux ! Je le fais aussi, dans divers contexte, pour ne regarder que par un petit espace entre deux doigts afin que l’image soit toute brouillée. Les images contenant trop d’information émotionnelle ou anxiogènes peuvent ainsi perdre de leur méchant impact. Je préfère aussi les toutes petites images. Les immenses personnages jaunes trop intenses envahissent l’écran lorsqu’il apparaissent. Une grimace me suffit pour les rejeter à ma manière.