10 phrases à dire à un.e autiste

Valérie-Jessica Les joies Laissez un commentaire

Je dédie ces dix phrases à ton enfant autiste, à ton ami, ta collègue, ton amoureux ou ta voisine autiste. Ces 10 phrases sont pour tous les autistes envers qui on a manqué de bienveillance mais aussi pour ceux qu’on aime et à qui on voudrait faire plus de bien encore. Ce sont des phrases cadeaux, des phrases qui font du bien.

1. Sers-toi de tes forces.

Tu n’as pas les mêmes forces que la plupart des gens, mais tu en as. Elles sont souvent différentes, parfois surprenantes, mais ce sont les tiennes et elles font de toi quelqu’un d’unique. Si tu te compares ce sera frustrant, mais si tu regardes en toi, les choses que tu maitrises, les passions dans lesquelles tu mets toute ton énergie, ce sont tes forces à toi. Mise dessus, ce sont des outils dont tu dois prendre conscience, puis tu verras, ils seront utiles.

2. Tout le monde pareil c’est ennuyant.

Tu aimerais que tout soit de la même couleur ? Qu’il n’existe qu’un seul aliment ou un seul jeu ? Tu aimerais que toutes les chansons aient la même mélodie ? Non ? Pourquoi ? Parce que si tu n’aimes pas le vert et que tout est vert, tu n’auras jamais la chance de voir une couleur que tu aimes. Et si tu entends la même chanson tous les jours, même si c’est ta préférée, tu ne l’apprécieras plus. Il arrive qu’on soit si unique qu’on plaise à moins de gens, mais ta différence, elle fera le bonheur de certains parce que c’est ce qu’ils aimeront chez toi. Ne t’inquiète pas de ne pas être dans la moyenne, ce n’est pas un critère absolu pour être aimé. Puis la différence, c’est enrichissant et c’est bien moins ennuyant.

3. Je te crois.

Même si je ne peux pas comprendre certains de tes ressentis je te crois et je ne minimise pas ce qu’il t’arrive. Si tu me dis que ton pantalon te brûle, même si je trouve ça étrange, je ne te dirai pas que c’est impossible parce que je sais qu’il n’existe pas une seule vérité et des perceptions communes à chacun.

Si tu me dis qu’une chose qui me semble vraiment facile est pour toi presque inaccessible, je vais te croire. Je vais peut-être te proposer des idées de solutions, si tu te sens prêt. Mais si tu ne l’es pas, si c’est trop gros, trop intense ou trop énergivore pour toi, je vais te croire parce que nous ne vivons pas les choses de la même manière.

4. Est-ce que tu veux un peu de temps ?

Tu sembles paniqué, alors je t’offre du temps. Je sais que parfois, c’est l’imprévu qui te fais t’agiter et que si je te laisse quelques minutes, tu pourras mieux rapatrier tes idées.

Tu voulais avancer vers ton objectif, mais tout à coup tu es bloqué, je ne veux pas te mettre de pression, ça risque d’empirer la situation. Alors, veux-tu un peu de temps ?

Je te pose une question, mais tu n’es pas obligé de répondre tout de suite. Je constate que tu stresses, peut-être que ma question est plus anxiogène que je le pensais, alors je te mentionne que tu peux ne pas répondre, ou encore, me répondre plus tard, lorsque tu auras eu du temps pour gérer la multitude d’informations que tu dois analyser pour le faire correctement, à ton goût.

Si je te vois trop vouloir te dépêcher, peut-être pour ne pas me déranger, je pourrai te dire, prends ton temps, ça va aller plus vite. Parce que si tu te mets trop de pression, tu n’iras pas plus vite, ce sera seulement plus difficile.

5. Est-ce que je peux te poser une question personnelle ?

Quand je ne comprendrai pas, au lieu de juger ou d’y aller au hasard pour en tirer des conclusions, je vais te demander si tu veux bien m’expliquer. Ça va me permettre de mieux te comprendre et toi, tu auras une meilleure idée de ce que je pense et de ce que je sais. On va éviter plein de malentendus.

6. Ce n’est pas grave.

Personne ne va mourir à cause de l’erreur sociale que tu viens de faire. Tu ne voulais pas mal faire, donc je vais te laisser la chance de reformuler et je ne m’emporterai pas. Je vais te mentionner calmement ce que j’ai compris et si j’ai de la peine, je vais t’expliquer doucement.

Ce n’est pas grave que tu bouges différemment, que tu évites certaines textures ou que tu te bouches les oreilles. Ce n’est pas grave que tu ne viennes pas danser avec nous. Les choses graves, ce sont les choses qui ont de lourdes conséquences ou les choses qui viennent avec une mauvaise intention.

Tu n’as pas besoin de t’inquiéter avec des choses qui ne sont pas graves parce que je ne vais pas exploser. Tu n’as pas à avoir peur avec moi. Les drames de fin du monde ne servent à rien.  

7. Est-ce que tu aimerais que j’y aille avec toi ?

Je sais que parfois, entrer seul dans un lieu c’est plus difficile. Je peux t’accompagner si tu veux. Comme ça, si tu te sens près de paniquer, tu pourras te concentrer sur moi. Si tu as des questions ou des besoins, je serai là. Savais-tu que tu peux demander une carte pour que la personne qui t’accompagne ne paye pas dans certaines activités touristiques ou de loisirs, par exemple ? C’est parce que l’oncomprend que ce n’est pas seulement les personnes à mobilité réduite qui peuvent bénéficier d’un accompagnement. Alors, si je suis disponible, je peux parfois y aller avec toi.

8. Je suis prêt à répondre à tes questions, n’hésite pas.

Ça me ferait plaisir que tu te sentes à l’aise de me poser des questions sans craindre de réaction démesurée de ma part. Si jamais je ne peux pas ou ne veux pas te répondre, je ne me fâcherai pas, je vais seulement te le mentionner, et peut-être t’expliquer pourquoi si j’en suis capable. Avec moi, tu peux retirer ce stress constant que tu as et poser tes questions. Ça te calmerait ? Ça te permettrait de mieux comprendre, de mieux prévoir ? Vas-y. Tu n’as qu’à demander.

9. Tu peux me dire ce que tu penses.

Avec moi, tu as droit à ton opinion. Je sais que les avis contraires sont enrichissants et nous permettent d’apprendre les uns des autres. Je ne vais pas détruire ton énoncé différent en t’écrasant, et je vais te laisser le temps de formuler ton avis. Je ne te ridiculiserai pas. Nous pourrons échanger dans le respect. Sois en confiance et ne t’inquiète pas pour ce filtre si lourd à porter. Si c’est trop pour moi, je vais t’indiquer clairement mes limites et je ne te laisserai pas dans le néant à te demander si tu as fait un truc de mal.

10. Tu as ta place parmi nous. On t’aime.

Je sais que ça t’a peut-être pris plus de temps que moi pour trouver des gens qui t’aiment, que tu ne savais pas comment faire et je sais le pouvoir que peuvent avoir ces mots. Je t’aime mon amie. Je t’apprécie cher collègue. Coéquipière, tu amènes de ta couleur à notre équipe. Mon enfant, on est fiers de toi. Mon amour, je ne voudrais pas te changer.

J’apprécie ta présence. Ton aide est précieuse. Tu me fais rire. Avec toi, j’ai l’impression que je peux être moi-même, car tu ne me jugeras pas. Je vais te mentionner qu’on t’aime de toutes ces manières, tu en as besoin aussi. Les autistes, malgré certains mythes qui ont la vie dure, sont des êtres dotés d’une belle sensibilité, et parfois un petit mot peut faire toute la différence dans une journée, même une année parfois.

Note.

Je ne suis pas parfaite et moi non plus je n’arrive pas toujours à me servir correctement de ces phrases même si je le veux très fort. Je ne demande pas à qui que ce soit de devenir le maitre des énoncés parfaits. Mais ces phrases, elles peuvent aider, alors cadeau. Lorsque vous aurez l’occasion de les utiliser, ça va faire du bien à quelqu’un.

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