Comprendre les personnes autistes de haut niveau

Par Peter Vermeulen

Éditeur DUNOD
Collection : Santé Social
Paru le 1 janvier 2009


Présentation du livre

Comprendre les autistes de haut niveau

Lorsque j’ai eu mon diagnostic, je me suis précipité sur internet pour savoir c’est quoi cette affaire-là, l’asperger. Et sur Wikipédia, je suis tombée sur cette phrase unique qui m’a fait instantanément un bien fou.

« La richesse de leur vocabulaire, leurs excellentes performances dans des domaines bien spécifiques, leur promptitude à engager la conversation, leur fantaisie trompent. Car derrière la façade d’une connaissance quasi encyclopédique et une éloquence charmante, se trouve un individu en souffrance pour qui le monde est un spectacle désordonné et incompréhensible. » Peter Vermeulen, Comprendre les personnes autistes de haut niveau

Je me doutais bien que ce n’était pas que ça, mais ce point de vue, cette manière de nous décrire a touché quelque chose en moi. J’ai donc commandé le livre.

Ne pas se fier à la première apparence

Quand je l’ai reçu, j’ai ouvert une page au hasard et je n’ai pas aimé. On y parlait d’un jeune homme qui ne savait pas gérer son budget, qui n’arrivait pas à se projeter sur une semaine complète. Ne me reconnaissant pas dans cette description, j’ai laissé le livre de côté un bon bout de temps…

Puis un matin, mon fils ayant une vilaine toux (qui était finalement une pneumonie), je savais qu’on allait devoir passer des heures à attendre à l’urgence, puis ça pressait, alors j’ai pris le premier livre qui trainait et il a ainsi eu une seconde chance.

Des infos, plein d’infos

Le regard de monsieur Vermeulen sur les aspects reliés à la communication m’a aidé à comprendre un tas de conversations qui ont mal tourné. Sa manière d’expliquer comment on se perd souvent en se concentrant sur les détails d’une discussion au lieu de l’ensemble, c’est tout à fait ça. Maintenant que je le sais, ça me donne un meilleur recul et j’ai bien ri lorsqu’il mentionne qu’on reste souvent accroché au premier terme abordé au lieu de suivre la conversation. Combien de fois j’ai fait ça… trop souvent. Rire.

J’ai apprécié une section qui aborde les différents groupes sociaux, les « sortes » d’aspies. J’ai senti qu’il ne nous mettait pas tous dans le même panier, mais arrivait plutôt à saisir que même entre nous il y a des différences importantes.

Cette phrase, il faut que je vous la cite. Faites abstraction du mot atteinte, il me dérange aussi, et il est partout dans le livre, mais le message reste pertinent :

Il est surprenant de constater combien d’énergie certaines personnes atteintes d’autisme dépensent pour essayer d’être normal, pour ne pas se faire remarquer, pour être une vraie personne humaine.

Pas étonnant que beaucoup d’asperger souffrent d’épuisement…

Étrangement, durant ma lecture, malgré son état, mon fils a passé une bonne partie du temps à lire par-dessus mon épaule, à poser des questions, à commenter et à comparer avec ce qu’il voit chez moi. Ça a amené une belle interaction avec lui. Il reconnaissait des traits et mentionnait qu’il les avait remarqués depuis qu’il est tout petit, tout en m’expliquant à nouveau que c’est en partie  cause de ça qu’il a longtemps cru que j’étais un robot. Ahhh, les enfants.

En résumé, je pense qu’il faut prendre ce livre point par point, sujet par sujet et en retirer ce qui nous convient. Comme je surplanifie, je ne m’étais pas reconnue lors du premier petit bout lu, mais pour ce qui est des interactions, du jeu (loisir), de l’aspect social, de l’angoisse et de ses raisons, des attentes des gens, de l’image qu’on projette sans le savoir/vouloir, c’est tout à fait ça.

Donc je vous le conseille. Il n’est pas trop long, il apporte un regard externe à des choses vécues et il amène à une réflexion sur plusieurs aspects qui sont encore flous pour moi. C’est une description donnée par un neurotypique et je trouve intéressant de comprendre comment nous sommes perçus de l’extérieur. Nous vivons dans un monde peuplé de NT, alors de savoir pourquoi certaines interactions bogues constamment démystifie bien des choses et répond à plusieurs questions que je me posais.

Note

Il y a un running gag entre mon amoureux et moi et lorsqu’on rencontre des gens et qu’il veut me taquiner il se plait à nommer cet exemple : je ne peux pas faire bouillir du lait, il déborde systématiquement. Pourtant je peux vous dire comment faire, bien l’expliquer, mais pour une raison obscure lorsqu’il monte tout à coup, je suis sur une autre planète, incapable d’agir. Cette histoire redondante le fait bien rire.

Quelle ne fut pas ma surprise de constater dans ce livre que plusieurs aspies ont le même problème avec le lait ! Tout un hasard. J’ai cité le passage à mon amoureux et il riait de plus belle. C’est bien ça. L’humour est doux et rassurant.


Commentaires ?

Si vous avez lu ce livre, vous êtes invités à commenter ou à écrire votre propre critique. Étant donné que chaque autiste est différent, si vous ne vous reconnaissez pas dans les propos, assurez-vous d’expliquer votre position avec respect afin de demeurer affiché dans les commentaires. Il y a un humain derrière ce livre.

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