La demande et l’offrande


N’élevez pas le sacré sceptre,
Ne frappez pas le porteur né,
De cette présence inachevée,
Que lui confère le distinct spectre.

Jugé abstrait, il se retire,
De vos regards inquisiteurs,
Qui en lui sèment les plus grandes peurs,
Et menacent de tout obscurcir.

Sa destinée semble effacée,
On lui confère bien peu d’estime,
Sans se douter du discret crime,
Qui est commis contre son gré.

Une muselière retient ses mots,
La main tendue le terrorise,
Dans son corps se déchaine la crise,
Lui donnant l’aspect du fléau.

Si seulement votre œil acceptait,
De s’ajuster à sa présence,
Il est possible que sa conscience,
Vers vous enfin se dévoilerait.

Et que caché sous la muraille,
Se trouve un être impressionnant,
Pas si horrible, même attachant,
Capable d’aimer sous ses écailles.

J’aurais envie de vous offrir,
Un pont, une clé, une traduction,
Vous offrant la compréhension,
Afin qu’il cesse de toujours fuir.

Si humainement j’y parvenais,
À vous donner cette occasion,
De modifier vos perceptions,
Est-ce un cadeau qui vous plairait ?

Rangez vos fouets, ouvrez le cœur,
L’être ombragé souhaite exprimer,
Qu’il ne veut plus être enchainé,
Qu’il est soleil et non noirceur.

Permettez-lui ne doutez pas,
Bien humblement je vous implore,
De le laisser enfin éclore,
C’est au centuple qu’il le rendra.

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