Regard d’une enfant de douze ans sur sa différence.

Il m’est étrange de relire ceci, les paroles d’une enfance telle que je la voyais. Triste texte, c’est un cri du cœur qui en dit long sur le regard que je savais être porté sur moi. Je vous rassure, ces mots ne sont plus d’actualité puisque j’ai trouvé mon petit univers dans lequel on m’aime comme je suis. Malheureusement je sais que cette réalité est encore celle de trop d’enfants différents.

Soyez indulgents, j’étais toute petite.

Solitude


Tu n’es que rejet,
Les enfants sont comme ça,
Tu es différent,
Ils ne te veulent pas.

À leur âge, déjà
Diras-tu,
Envers moi, pourquoi,
Le sais-tu ?

Tu n’es pas comme eux,
Ce n’est pas de ta faute,
Ils te croient dangereux,
Ils t’isolent par peur.

Ne te comprenant pas,
Différent que tu es,
Ils te laisseront là,
Curieux, inquiets.

Ils ont peur de te connaitre,
Toi, le point de mire,
Voulant bien paraitre,
Ils te font souffrir.

Sarcasmes et ironies,
Se succèdent et s’enchainent,
Ne laissant qu’à ta vie,
Un enfant qui n’est plus le même.

Tu n’es plus toi,
Tu as changé,
De peur que jamais ils ne t’aiment,
Un masque, tu as adopté.

Tu t’es retiré,
Derrière une image,
Fausse personnalité,
Ce n’est plus toi.

Moi je t’aimais avant,
Tu as pourtant changé,
Tu n’es plus l’enfant,
Capable de s’amuser.

Avec qui et pourquoi,
D’ailleurs le ferais-tu ?
Tu sais aussi bien que moi,
Que l’enfant en toi s’est tu.

Pourtant un jour,
Tu deviendras roi,
C’est le royaume de mon cœur,
Que tu possèderas.


Le genre

Je remarque que je me nommais alors au masculin, ayant à cette époque des difficultés à m’identifier au genre féminin. Écrivant pour moi seule, il ne me semblait pas important de respecter cette convention qu’on m’imposait, celle d’accepter que je fusse une demoiselle. Il me plait bien aujourd’hui de ne pas être un garçon, mais probablement principalement à cause de la liberté que cela me donne au niveau des couleurs. La féminité comporte trop de secrets que je n’arrive pas à percer et trop d’éléments que je n’arrive pas à maitriser. Non pas que je me sente un garçon, c’est simplement que je ne me sens ni l’un ni l’autre.

Le royaume

Malgré que ce texte soit sombre, je suis surprise et enchantée de réaliser que j’avais gardé espoir qu’un jour je me réconcilierais avec moi-même. Un royaume, vraiment ? Ça me rappelle le nom d’un blogue ça…

Je me suis permis de corriger les quelques fautes, mais j’ai laissé l’original dactylographié de mes mains d’enfant. Dans mes souvenirs, je ne pouvais pas sauvegarder les documents et il me fallait imprimer directement ce que j’écrivais. Oubliez la correction automatique. Rire.

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