Deux enfants regardant au loin depuis le sommet d'une montagne

La préparation mentale, tellement essentielle quand tu es autiste.

Valérie-Jessica Non classé Laissez un commentaire

J’ai tellement besoin de visualiser! Je sors de chez le médecin. Je suis en colère je pense. Ou déçue de moi, ou frustrée, ce n’est pas clair. Il faut que je choisisse une émotion pas le fun. Bref… Comme je n’ai pas pu faire de préparation mentale, je n’ai pas pu procéder à un simple examen que je n’attendais pas. Grrrr. Et ça m’a mise tout de travers donc je vous écris un petit article sur la préparation mentale quand tu es autiste.

Avant de me plaindre de ce sujet, voici une anecdote plus rigolote qui explique à quel point le manque de préparation peut être handicapant.

Vendredi, au gym, en plein milieu d’une série d’exercices, le coach dit : On court. Et il part à la course en sortant du local pour emprunter les marches à notre droite afin de remonter par celles de gauche. Inattendu! Trop soudain. Confuse, je cherche mon chemin alors que je le connais très bien. C’est comme si je devais inventer les tuiles sous mes pieds à mesure. Vous savez, comme dans les jeux vidéo?

Je mentionne donc ma difficulté en riant à l’effet qu’il faut que je dessine un chemin dans ma tête avant de le faire. Mais on ne m’y reprendra pas, non, non. Je me prépare et je pratique l’itinéraire intérieurement parce que je sais que ça veut dire qu’il va le refaire une fois à chaque série d’exercices. Cette fois, je vais être super efficace, vous allez voir!

Il le refait, mais il démarre de l’autre côté! Nouvelle confusion, je suis hésitante dans les corridors. Mes pieds ne sont plus certain de leur rôle exact dans le corps, je suis un peu désarticulée mais cette fois, je vais être correcte, c’est certain.

Au troisième essai, tout va bien mais au quatrième, entre deux étages, en plein milieu du chemin, paf! C’est comme si mon cerveau s’était vidé et ça a fait un trou d’information. Pendant un court moment, je ne savais plus à quel étage ni dans quel local nous nous entraînions. Alors encore bien moins quel chemin je devais suivre. C’est comme si on avait passé un énorme aspirateur dans mes données d’orientation et dans mes données de ce que je pouvais bien être en train de faire.

Je me suis arrêtée. J’ai fait un son heuuuuu qu’une compagne d’entrainement a entendu. Et elle m’a dit ou nous étions pour que je la suive. Comme je suis avec un petit groupe en qui j’ai confiance, j’ai ri et ils ont ri. Pas plus compliqué que ça.

Mais ce qu’il faut comprendre c’est que le manque de préparation mentale m’a rendu beaucoup, beaucoup moins fonctionnelle que je le suis habituellement. Imaginez l’effet dans un contexte moins facile. Ça peut être très paniquant.

C’est comme si on avait échappé notre cerveau au sol mais qu’on en ait besoin pour le retrouver.

Donc chez le médecin tout à l’heure, quand il m’a dit que je devais avoir une petite caméra dans mon nez j’ai juste paniqué. J’ai posé plein de question. Déjà, sa secrétaire venait d’entrer deux fois en l’espace d’une minute, je n’arrivais pas à me concentrer, alors cette annonce c’était juste trop. Prise au dépourvu, je n’ai pas pu poser toutes les questions nécessaires à ma préparation mentale et demander un délai de quelques minutes. Alors il m’a retourné chez moi en disant ne pas pouvoir travailler dans ces conditions. Il faudra que je passe ce simple examen à l’hôpital à la place. Je vais perdre une demi-journée de travail parce que je fonctionne mal. C’est tannant! C’est correct aussi, il faut que ce soit sécuritaire pour nous. Mais je suis fâchée contre moi.

La préparation mentale, c’est un outil incontournable en autisme.

J’aurais aimé pouvoir en bénéficier lors de ce rendez-vous. Voilà. C’est ma petite explication de la journée.

Je vais survivre. Rire.

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