Autisme. Ces préjugés qui nous maintiennent à l’écart.

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La différence effraie

Notre cerveau est conçu pour craindre l’inconnu, c’est vital pour la survie de l’espèce. Je ne mettrai pas mon bras dans un mystérieux trou dans lequel se terre, je ne sais quel animal. J’ai peur. C’est inconnu. Mais que l’autisme fasse encore aussi peur et qu’il demeure autant de préjugés en 2021, ça ne passe pas. Pas plus que le racisme, l’homophobie et toutes les autres aberrations diviseuses d’humains.

Nous ne sommes plus des inconnus, nous sommes des parents, des enfants, des artistes, des travailleurs, des voisins, nous sommes partout. Nous avons des défis différents et il est inacceptable que vous généralisiez en décidant à notre place ce dont nous sommes capable, ou pas.

Obliger

Combien de fois on a voulu me forcer à accomplir des actions inadaptées à ma situation ! Chantage, pression, appel à la honte, tout à été essayé et imposé. Je pourrais pardonner ce type de préjugés, votre excès d’optimisme quant à ce que je suis capable de supporter.

Interdire

Mais lorsque vous décidez à ma place que je ne peux pas, vous me heurtez profondément. C’est le cumulatif, ça ne passe plus.

Un professeur de cégep m’a dit : Tu ne peux pas être dans ma classe, tu n’as pas ta place ici. Ma différence le dégoûtait et il ne tentait même pas de s’en cacher. Pour ce personnage immonde, je me suis organisé pour avoir la meilleure note finale de la classe.

Mais je n’ai pas toujours la loi pour me protéger des préjugés lorsqu’on souhaite me tenir éloignée. Groupes, sports, activités variées, j’ai longtemps plié sans réagir à ces petites violences. Je les ai cru quand ils m’ont dit, ce n’est pas pour toi, tu n’y arriveras pas. J’étais moindre. Moins importante, moins bonne et avec moins de permissions et de privilèges. J’ai accepté longtemps d’être dans une sous-catégorie.

Personne mise de côté (préjugés)

C’est en grande partie l’amoureux, pour qui c’était évident, qui m’a fait réaliser que mes forces étaient aussi importantes que mes défis et qu’ils faisaient de moi une personne à part entière. Il a su me faire comprendre que mes actions avaient encore plus de poids si je rencontrais des obstacles pour y arriver et que ce qui donne de la valeur à une personne, ce n’est pas sa capacité à être parfait.

Il a un peu trop bien travaillé. Maintenant, je me sens son égale. Il n’a qu’à bien se tenir. Rire.

Alors, lorsque j’affronte un préjugé sur l’autisme qui me prive de quelque chose, je réagis. Je sais que c’est injuste. Je nomme, je raconte et je sensibilise pour que ça cesse.

La situation face à laquelle j’ai ressenti un préjugé

Cette semaine, j’ai eu les examens préparatoires à une chirurgie oculaire. On a déterminé quel type de méthode était adaptée à mes problèmes de vision. C’est une étape qui m’a demandé un courage énorme. J’étais terrorisée, mais prête et décidée. Il le fallait, ma vue baisse de plus en plus vite, ça commence à être problématique. Je voulais stopper ça.

Oui, j’ai demandé un accompagnateur, que j’ai eu. Sous stress, mon esprit d’analyse se cache derrière les piliers de la peur. Sa présence m’a aidée à bien choisir et nous avons demandé à ce que je puisse avoir ma musique relaxante au lieu de la leur durant la chirurgie. On m’a dit que c’était techniquement très simple. Comme je devais prendre un calmant le jour de la chirurgie et que j’ai plusieurs fois réagi étrangement à des médications, j’ai demandé à tester la pilule une fois chez moi avant, pour m’assurer qu’elle fasse le travail auquel elle est dédiée. Mon accompagnateur a demandé à ce que je puisse voir la salle. Tout ceci, c’est mettre en place un environnement propice à une opération de 10 à 12 minutes par œil, immobile, à regarder une grosse lumière. C’est gros, invasif.

Décider sans connaitre

J’ai rencontré trois personnes en plus de la secrétaire. J’ai passé les étapes. J’ai réservé une date pour la chirurgie et préparée mon budget pour payer le 5 665 $ demandé.

Et la seule personne que je n’ai pas rencontrée, la seule personne à qui j’aurais pu nommer la détermination et la discipline dont je peux faire preuve lorsque c’est essentiel, cette personne, le chirurgien, quand il a su que j’étais autiste, a refusé de m’opérer. Il s’est probablement fié à ses préjugés, à ce qu’il croyait connaitre de moi.

Pour moi c’est encore me priver d’une chose à laquelle je tiens avec comme excuse l’autisme. 

Refus envers les autistes (préjugés)

Sa réalité

S’il croit qu’il y a un risque, il est de son devoir de refuser. Pour ceci, je ne le blâme pas. C’est responsable. Il n’est pas question que je nomme la clinique. C’est sa responsabilité de dire non s’il a peur que je bouge.

Ma réalité

Ma réalité, c’est qu’il ne s’est pas informé à la source.

Il a pris sa décision face au mot autiste. Son message, c’est quoi? Que j’aurais dû tenter de cacher ma différence, ne pas demander les accommodements simples et facilitants pour m’aider à affronter cette épreuve?

Moi, ce que je reçois, c’est encore un : Tu ne peux pas, tu es autiste.

Ma réponse

Alors ce que je donne en réponse c’est de la sensibilisation.

On va changer ça, ces mentalités archaïques.

Un texte à la fois, une vidéo à la fois, une histoire à la fois, nommons les préjugés.

N’hésitez pas à le faire aussi, avec classe et respect, on va leur montrer qu’on n’est pas des fous. Comme ça, un jour, ce sera de discriminer, même lorsque c’est subtil, qui aura l’air fou.

BONJOUR!

Je suis Valérie Jessica Laporte. Bienvenue dans mon univers autistique.

Femme blanche autiste souriante avec lunettes bleues et tresses bleues

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